Esquisse de la vie et bibliographie d’Iris Chang
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Née le 28 mars 1968, à Princeton, dans le New Jersey. Ses deux parents étaient professeurs d’université ; le père avait obtenu son doctorat en physique à Harvard, la mère son doctorat en biochimie à Harvard.
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En 1985, Iris Chang acheva ses études secondaires à la University Laboratory High School de Champaign-Urbana, en Illinois.
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En 1989, elle reçut sa licence à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. Inscrite d’abord en mathématiques et en informatique, elle changea ensuite de spécialité et obtint sa licence en journalisme. Bachelor in Journalism, 1989, University of Illinois.
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En mai 1991, elle obtint le mastère d’écriture à l’Université Johns Hopkins. Master in Writing, Johns Hopkins University, May 1991.
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Le 17 août 1991, Iris Chang épousa son ami d’études Bretton Lee Douglas, dans la chapelle du campus de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign.

En 1995, Iris Chang publia son premier livre, Thread of the Silkworm, chez Basic Books.
Le titre porte plusieurs sens superposés :
- Le missile mis au point en Chine, et auquel Tsien Hsue-shen avait contribué, fut nommé « Silkworm Missile » (le missile de la chrysalide).
- La famille Tsien avait jadis fait commerce de la soie à Hangzhou.
- La vie de Tsien Hsue-shen avait, en elle-même, l’allure d’une légende ; son histoire est de celles que l’on dévide, fil après fil, comme on déroule la soie d’un cocon. Le titre fut largement loué, mais il donna lieu aussi à quelques méprises — la plus amusante étant que certains lecteurs pensèrent qu’il s’agissait d’un ouvrage de vulgarisation sur l’élevage du ver à soie.
Une traduction chinoise taïwanaise (par Zhang Dingqi et Xu Yaoyun, parue chez China Times Publishing à Taipei) parut en 1996. Les deux traducteurs y mirent une grande conscience. Cette édition n’a point paru en Chine continentale, et ce, dit-on, parce que le livre y rend manifeste un fait : Tsien Hsue-shen avait déjà demandé la naturalisation américaine, et ce ne fut que sous le coup des persécutions du maccarthysme qu’il dut rentrer en Chine — fait que la version officielle continentale, qui veut que Tsien fût rentré par pure piété patriotique, écarte.
Une traduction du continent chinois (par Lu Yi, parue chez CITIC Press) parut en 2011. Il est regrettable que les passages dans lesquels Iris Chang adresse à Tsien Hsue-shen quelque critique aient été supprimés, ce qui rend, en certains endroits, le fil un peu rompu.
Voici quelques recensions :
Thread of the Silkworm — Foreign Affairs
En décembre 1997, parut son deuxième livre — celui qui devait porter son nom à travers le monde :
The Rape of Nanking: The Forgotten Holocaust of World War II Basic Books. 290 pages. ISBN 978-0-465-06835-7
Plusieurs traductions chinoises existent. Les éditions antérieures à 2007 ne sont guère recommandables. On recommande l’édition de 2007 (Eastern Press, traduction de Yang Xiaming, revue par Ying-Ying Chang), et la réimpression de 2012 chez CITIC Press.
- En août 2002, son fils Christopher naquit à San José, en Californie.

En mars 2003, elle publia son troisième livre — moins discuté, mais d’une portée historique plus large :
The Chinese in America: A Narrative History, Penguin
Une édition en chinois traditionnel parut le 3 octobre 2018, à Taïwan, chez Walkers Cultural Publishing, sous le titre Les Chinois en Amérique.
Les Chinois en Amérique expose la lutte de cent cinquante années que les immigrés chinois menèrent dans les États-Unis — de l’ouvrier des chemins de fer jusqu’au lauréat du prix Nobel — et retrace les contributions, dans tant de domaines, qui ont à la fois transformé leur destin et profondément marqué la société américaine.
S’appuyant sur une grande masse de sources historiques, Iris Chang dessine les épreuves et les injustices que durent affronter les Sino-Américains, et met en pleine lumière leurs accomplissements remarquables en politique, en société, en économie et dans les arts ; chemin faisant, elle écarte plusieurs des mythes qui s’étaient noués autour de l’histoire des Chinois en Amérique.
Ce livre n’est point seulement le poème épique de l’immigration chinoise — il est une exploration profonde du caractère pluriel de la culture américaine ; il redéfinit ce qu’il faut entendre par « Américain », et restitue aux Sino-Américains la place irremplaçable qu’ils ont tenue dans l’histoire des États-Unis.
Au moment où Iris Chang travaillait à son quatrième livre — sur la marche de la mort de Bataan — elle tomba dans une crise et dans un état dépressif. Pendant le traitement par les antipsychotiques Risperdal et Abilify et par l’antidépresseur Celexa, les effets secondaires de ces médicaments contribuèrent à la décision qu’elle prit de mettre fin à ses jours.
- Le 9 novembre 2004, elle se donna la mort à Los Gatos, en Californie. Elle est inhumée au cimetière Gate of Heaven à Los Altos, en Californie.
La tombe se trouve dans la section de la Sainte Famille, emplacement 22-85 / 86. (Deux minutes en voiture depuis l’entrée principale ; sa stèle se situe dans la partie supérieure droite de la section.)
Adresse : 22555 Cristo Rey Dr, Los Altos, CA 94024, en bordure de Rancho San Antonio.
Mémorial en ligne :

Le présent texte fut composé par Liu Yu, à partir des notes WeChat du Groupe commémoratif d’Iris Chang en Bay Area. Le rassemblement initial fut l’œuvre de Lily Yao ; les sources sont vastes — Internet, livres, et surtout les précieux souvenirs partagés par Mrs. Ying-Ying Chang (Madame Chang) au sein du groupe. Nous adressons une gratitude particulière à Madame Chang pour son patient travail de mise en relation, pour les documents qu’elle a fournis, et pour la rigueur de ses vérifications ; ainsi qu’aux membres qui prirent part à la discussion et à la rédaction — en particulier Ann Li, Cathy, Eva Pang, Jim Hao, Li Bei (Sui-Yuan), Li Mulan, Lin Shidong, Mi Ning, Da Hsuan Feng, Jian Shuhui, Shelly, Ma Jingyan, Yan Lili, Yang Hui, et Zhang Kang.