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Avant toute chose — je vous prie, je vous prie, je vous prie : croyez à la force d’un seul. Un seul homme peut changer le monde dans une mesure considérable. Un seul homme — en vérité, une seule idée — peut allumer une guerre, mettre fin à une guerre, renverser tout un édifice de pouvoir. Une découverte peut guérir une maladie ; une technique nouvelle peut faire le bien ou la perte de l’humanité. Tu es un homme, et tu peux changer la vie de millions d’autres. Vise haut. Ne rétrécis point ton regard, et n’abandonne jamais le rêve ni la conviction que tu portes.
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L’écrit est la seule façon de garder l’essence d’une âme.
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L’homme meurt en effet deux fois : une fois de la mort du corps, et une fois à l’heure où il s’efface de la mémoire des autres.
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Quand on jette le regard en arrière sur mille ans d’histoire, ceci devient clair : aucune race, aucune culture, ne tient le monopole de la cruauté à la guerre. Le vêtement de la civilisation paraît bien mince — assez mince pour que les hommes parviennent, sans peine, à se l’arracher du corps.
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Que ce livre rapporte de l’argent ou non, peu m’importe. Ce que je veux, c’est que tous les hommes du monde sachent ce qui s’est passé à Nankin en 1937.
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Quoique j’eusse, depuis l’enfance, entendu maintes descriptions du massacre de Nankin, ces photographies sont venues sur moi sans préavis. Les images crues, en noir et blanc, ne souffraient point d’être regardées : des victimes décapitées ou éventrées ; des femmes nues, contraintes par leurs violeurs à prendre une posture obscène après l’autre, le visage tordu, la douleur visible, la honte et la fureur si profondément gravées que l’œil, ensuite, ne pouvait plus les laisser fuir.